Nombriloscopies

Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /2006 06:27


Pardon monsieur, cette place est libre ? Merci. Vous comprenez, au cinéma j’adore m’asseoir à côté d’un beau mec et rêver pendant tout le film que sa main va venir s’égarer sur ma cuisse. Vous dites que vous êtes hétéro ? Oh c’est rien vous savez, avec un garçon vous pouvez vous y prendre quasiment de la même manière que d’habitude en fait. Le seul truc c’est d’attendre qu’ils éteignent la salle. Quoi ? Que j’aille me faire enculer ? Heu… on a payé les places, vous ne voulez pas attendre la fin du film quand même ?


Bah pourquoi il a changé de place le monsieur ? Cons d’hétéros, plus ils sont beaux moins ils sont sensibles à la délicate subtilité de ma façon de draguer toute en nuances. J’aurais dû être plus direct.
Par Alixx - Publié dans : Nombriloscopies
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 16:46
J’aime l’idée qu’un jour je le dirai comme une évidence, le répéterai pour en sentir le doux effroi : j’aime,

J’aime ce vin italien qui pétille, qui met des bulles dans la tête et qui me fait rire trop fort,

J’aime la sérénité dans le regard du vieux chat qui passe ses journées à contempler le monde depuis son muret,

J’aime parfois être triste,

J’aime quand j’aperçois mon reflet dans une vitrine ou un miroir de rue et constater à quel point mon regard pue le sexe,

J’aime me tenir sur un rocher vers le fort St Jean et inspirer la mer. Offrir une larme parfois, juste pour lui faire l’hommage d’un peu d’eau salée,

J’aime relever le menton, toujours, et me rappeler le Serment. Cette intime conscience et l’incommensurable orgueil d’avoir fait le choix d’Achille,

J’aime l’ami qui, quand je chouine, offre la grâce d’une leçon plutôt que la facilité d’une caresse,

J’aime les mots crus qui me cassent la tête pendant l’amour. Ainsi pourra t’on sans faute de goût me cracher que l’on a envie de me baiser ma petite gueule de blond lorsqu’on sollicite un exercice bucco-génital. Mais attention, c’est là une exigence hautement périlleuse… les maladroits que j’ai éclaté contre un mur s’en souviennent. L’orgasme mental, ça ne s’improvise pas… quoi que…

J’aime monter seul en cachette au cimetière où repose ma grand-mère. En nettoyant la tombe, me souvenir de l’odeur de son eau de Cologne et de ses cheveux violets quand elle revenait de chez le coiffeur. Mémé-punk qui m’appelait "mon drole " dans la chaleur de son tablier, la seule personne qui m’ait montré qu’aimer c’est comme prier, ça vous laisse à genoux mais rempli,

J’aime voir les sportifs passer, courant, pédalant, suant, souffrant. J’allume alors un clope et je me marre. J’aime les cons qui reposent,

J’aime garder le goût de l’homme au fond de la gorge, et puis boire un alcool fort par-dessus,

J’aime mes crises de violence, de colère, de rage. Je m’y sens vivant et follement con,

J’aime que l’on me dise « je t’aime » : c’est pas vrai mais on s’en fout, je suis toujours très bon public et j’adore les films d’amour,

J’aime l’odeur du printemps, ce premier jour ou tu t’enrhume parce que tu as enfin donné ton torse au soleil,

J’aime le moment où je m’endors, où je m’installe dans le sommeil comme on choisi sa place au cinema,

J’aime les garçons qui sourient rarement et qui d’un coup te mettent la tête à l’envers en le faisant juste pour toi,

J’aime avoir toujours un carnet dans la poche et y noter des trucs débiles qui ne font rire que moi,

J’aime le verbe aimer, il me fait penser au verbe respirer. D’ailleurs ne dit-on pas « Il ment comme il respire » ?

J’aime passer des heures à imaginer le Prince Charmant, et puis manger du Nutella et avoir envie de vomir,

J’aime la vie. Cette salope de vieille putasse de rue sordide qui ne donne rien sans rien.

J’aime les films d’Almodovar, le tango, être ivre, rire comme un idiot d’un rire au son improbable, les sourires dans la rue, l’odeur des arrières cours quand on a faim, croiser un dieu grec et le suivre pour mater son joli cul, les cafés en terrasse, nager nu, me caresser avant de dormir et imaginer que c’est toi, le chat qui vient sur mes genoux et qui fait sa toilette comme si le monde finissait et que rien d’autre n’était important. J'aime être pédé et cette douloureuse accuité de se savoir vraiment vivant.

J’aime aimer.
Par Alixx - Publié dans : Nombriloscopies
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /2006 05:30


Dimanche, j’emménage dans mon petit palais, mon premier chez-moi, mon studio meublé à moi que j’ai dont les clés me déforment la poche. Enfin !

Je raconterai, un jour sûrement, pourquoi la vie dans la non famille était devenue une épreuve de chaque instant. Je raconterai, un jour sûrement, les crises, les cris, les violences, les jets de haine et les mortels silence qui expliquent mes dérives scolaires et affectives. Un jour sûrement, par petites touches comme on lèche une plaie. Mais pas aujourd’hui qui est un jour de joie pure je ne raconterai pourquoi c’est un jour si spécial que celui où j’ai ces clés dans la poche. L’important est qu’elles soient là, enfin.

Quelques petits travaux à fignoler dans ce studio avec mezzanine qui donne sur une courette-jardin. La ligne téléphonique est commandée, l'adsl suivra vite j'espère. Une expédition à Ikea samedi avec un copain qui a une voiture, un petit tour chez Tati demain peut-être. Et puis dimanche, la petite chatte sous le bras car elle aussi a le droit d’espérer une vie meilleure, partir de cet enfer. Encore le copain qui reviens pour transbahuter le merdier de mes quelques affaires. Oh, un seul voyage suffira, va.

Et je me casse ! En rentrant le soir, la non famille ne trouvera qu’une chambre abandonnée, avec peut être une lettre sur le lit expliquant pourquoi je ne laisse pas ma nouvelle adresse et pourquoi ils n’y a pas de place pour "Elle" dans ma vraie vie à moi que je me fais comme un grand. Bye bye le nid pourri !

Et tralali tralala pouet pouet !
Par Alixx - Publié dans : Nombriloscopies
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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /2006 11:26
Mais où vivent les anges ? Sans doute pas très loin de la rue du coq car je les entend le matin, quand je m’éveille dans ce premier chez-moi. Après presque un mois, je m’émerveille toujours en faisant le tour de mon palais de 30m2, la chatte sur les talons. Elle semble être à son aise elle aussi, partageant son temps entre des siestes sur la mezzanine, sur le petit canapé, dans le panier à linge. Parfois elle sieste sur les pierres de la petite cour quand le soleil les réchauffe. Mais il va me falloir installer une chatière car elle demande à rentrer si j’ai le malheur de fermer la porte fenêtre. Elle aussi doit avoir peur d’être laissée de côté.

Trois semaines après avoir commandé ma ligne ADSL à Free et ne voyant toujours rien venir, je me décide à les appeler. Après plusieurs minutes d’attente, un opérateur me déclare enfin que la ligne a été commandée chez France Telecom. Comment ? Mais je croyais que vous proposiez le dégroupage total ? Oui monsieur mais c’est plus compliqué, c’est technique. Et ma Freebox je la reçois quand ? Mais puisqu’on vous dit que c’est en cours monsieur ! Avant Noël vous pensez ? Monsieur, puisque l’on vous dit de patienter, et bien patientez ! En gros moi blond moi pas comprendre et en plus djeun con qui veut tout et tout de suite sous prétexte qu’on me l’a promis. C’est technique.

Je suis donc allé faire un tour dans une boutique Orange, je leur ai raconté que j’avais demandé une ligne ADSL à Free du temps où les cathédrales étaient encore en projets… et je suis sorti de là avec une magnifique LiveBox sous le bras et l’assurance que ma ligne serait ouverte le lendemain. Et vouaille, vous inquiétez pas monsieur, on vous la récupère votre ligne ADSL... Et en plus la télé que je veux pas pour le même prix. Dingue ma vie de blond à moi que j’ai.

Le lendemain, j’essai de me connecter, j’essai, j’essai, j’essai…. Et ça marche ! Mon blog, me revoilà. Une maison, mon meilleur ami hétéro qui squatte ma cuisine au moins trois fois par semaine et qui finit ses nuits dans mon lit à vider mes bouteilles de vin, des fous rires, une minette calinouillette, le net. Les blonds ont le bonheur simple.

Les amants attendront, le sex me suxx en ce moment :)
Par Alixx - Publié dans : Nombriloscopies
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